Fashionweek Automne Hiver 2017/2018

 

Je n’ai pas tout vu, mais j’ai tout regardé. Internet m’a évité attentes interminables, bousculades, engueulades avec des consoeurs, confrères ou photographes mal élevés et qui se la jouent parce qu’ils assistent à un défilé de mode, ça m’a toujours fait rire ces gens, et je ne parle pas des blogueuses et blogueurs… Maintenant je vais seulement chez les créateurs pour qui l’élégance n’est pas seulement une jolie robe.

Voilà ce que j’ai retenu de ces quatre jours de création, de talent, de nouveaux créateurs, parfois de l’innovation et, hélas beaucoup trop de marketing, la haute couture n’a pas besoin de cette poudre de perlimpinpin. Il y a eu de jolis moments, de jolies découvertes, de bonnes surprises et bien sûr des déceptions. C’est la mode !

 


 

Le 2 juillet,
RONALD VAN DER KEMP ouvre le bal. C’est du prêt à porter qui défile en ouverture la semaine de la haute couture, une habitude qui se prend pour pouvoir profiter des retombées presse, communiquer et fabriquer en avance pour mettre les collections en boutique plus tôt. C’est du business. Pas grave, mais ça prête à confusion. Ronald van der Kemp propose comme il en a l’habitude une collection qui mixe et match les styles à première vue improbables, les tissus, les accessoires chinés aux puces. Parfois c’est réussi, d’autres fois moins. J’ai aimé son excentricité joyeuse qui aurait fait rêver les fortes personnalités, de Paloma Picasso à Nan Kempter.

 

 

PROENZA SHOULER, la griffe américaine créée en 2002 par Jack Recollough et Lazaro Hernandez en pince cette saison pour un certain esprit romantique. Du cuir, des zips, des découpes géométriques sexy, et des santiags de quoi faire venir l’esprit aux jeunes filles et faire pétiller les yeux des femmes. Certains modèles retiennent l’attention.

 

 

AF VANDERVORST. An Vandervorst et Filip Ariekx, délivrent une curieuse et très attractive collection. Créativité à tout prix, peu importe la matière. Ici et cette saison, le sac poubelle et l’emballage de pressing sont à l’honneur, brodés s’il vous plait et ça’l’fait. La liberté créative, l’audace élégante de cette marque m’enchantent.

 

 

MAURIZIO GALANTE, présente quelques pièces au savoir faire prodigieux, inspirées par la culture japonaise. Nommée Drago, cette collection est dans la ligne de ce que Maurizio Galante affectionne de cette culture : sa poésie sa force, ses mystères. L’origami, subtil, traduit parfaitement le rapport qu’entretient Maurizio Galante avec le vêtement. Selon le créateur, il révèle l’émotion via le mouvement du corps. C’est pour cette raison qu’il n’utilise que cet origami d’organza monté sur un grillage de fils . Tellement léger et hyper sensuel !

 

 

RODARTE, marque américaine de prêt à porter créée par les sœurs californienne Kate et Laura Mulleavy. Cette saison leur vision est plutôt romantique. Romantique selon Kate et Laura veut dire, transparences, broderies et plumes, mais porter avec des bottes de cuir, délacée… ça change tout !

 

 

AZZARO. Maxime Simoens prend la direction artistique de cette maison qui a fait du glamour son crédo. C’est donc simple, glamour et brodé. Mais, un code est un code, c’est l’emprunte du créateur de la marque qui atteste de l’identité de sa maison, la respecter fait partie du jeu pour un jeune styliste. Il est même conseillé de se l’approprier et de le faire évoluer. Maxime Simoens propose une variation ( avec encore plus de glamour ) des trois anneaux de strass créés par Loris Azzaro en 1968.

 

 

 

ADELINE ANDRE. Il y a toujours une surprise avec cette créatrice. Couleur, coupe, volume, elle joue avec les matières et crée la robe que chaque femme rêve d’avoir dans son vestiaire. Simplicité, matière luxueuse, légèreté et élégance sont les qualités essentielles que l’on aime chez Adeline André.

 

 

 

GUO PEI. Elle à habillé Rihanna en 2015 avec une robe dont la couleur jaune et le volume extravagant se voyaient depuis le dernier rang du Met Ball. L’extravagance n’est pas seulement l’identité de la célèbre créatrice chinoise. On apprécie le travail des broderies faites en son atelier sur ces tenues spectaculaires. Au début, Guo Pei ne s’inspirait que de la culture chinoise, aujourd’hui la modernité occidentale guide son crayon. Elle affectionne toujours les volumes généreux et les matières dont elle commande la texture et qu’elle anoblit de ses broderies raffinées. La collection pour l’hiver 2017/2018 défile avec les plus beaux bijoux du joaillier Chopard, comme pour ajouter encore un peu plus d’éclat.

 

 

 

RABIH KEIROUZ. Pour le créateur libanais, pas de broderie, pas de saison non plus : sa cliente voyage. A la place, des idées, des coupes, des détails. Il a la passion des matières et des silhouettes. Il crée une allure qui donne à son travail un pep’s couture sans en avoir la prétention, comme si la femme qui porte le modèle devait se faire photographier à chaque mouvement. L’ampleur, le jeu des couleurs et des volumes sont complice de cette attitude ultra féminine, chic et cool à la fois. C’est ce que l’on aime.